Entre deux chambres, quelques centimètres changent vraiment le confort. Le bon choix dépend de l’espace disponible, du niveau de silence attendu et du type de cloison posé. Dans la plupart des cas, 98 mm offre un compromis solide, mais les besoins ne sont pas les mêmes selon l’usage des pièces.
Quelle épaisseur viser entre deux chambres ?
Pour une séparation de chambres, l’épaisseur la plus courante démarre autour de 72 mm. On parle alors d’une cloison standard, souvent composée d’une plaque de plâtre BA13 de chaque côté et d’un isolant d’environ 45 mm au centre. Elle suffit pour distribuer des pièces, mais elle montre vite ses limites quand les chambres ne vivent pas au même rythme, par exemple si l’une accueille un enfant, un bureau ou une télévision.

Le meilleur compromis se situe souvent autour de 98 mm. Avec une composition renforcée, par exemple un double parement en plaque de plâtre et un isolant adapté, la cloison gagne en affaiblissement acoustique sans faire disparaître trop de surface. Dans une rénovation, ce format est souvent celui qu’il faut regarder en premier, car il combine confort et encombrement mesuré.
Pour un confort supérieur, notamment dans une suite parentale, une colocation, un logement locatif ou une maison où les chambres sont proches d’une zone de vie, on peut monter vers 120 à 160 mm. Ces cloisons plus épaisses prennent davantage de place, mais elles réduisent mieux les voix, les pas légers, les portes et certains équipements du quotidien.
| Épaisseur de cloison | Composition typique | Affaiblissement acoustique indicatif | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| 72 mm | BA13 + isolant 45 mm + BA13 | 42-44 dB | Chambres peu exposées au bruit |
| 98 mm | Double BA13 ou système renforcé + isolant | 50-52 dB | Bon confort entre deux chambres |
| 120-160 mm | Double ossature, plaques multiples, isolant performant | 61-64 dB | Isolation phonique exigeante |
Ce tableau donne un repère simple. Plus l’épaisseur augmente, plus la cloison peut intégrer de matière et mieux elle freine la transmission du bruit. Mais l’épaisseur seule ne suffit pas à garantir le résultat.
Pourquoi l’épaisseur seule ne suffit pas
Une cloison épaisse mais mal conçue peut isoler moins bien qu’une cloison plus fine bien montée. L’acoustique dépend aussi de la masse des parements, de la souplesse de l’isolant, de la désolidarisation de la structure, de l’étanchéité à l’air et du traitement des points faibles.
Le principe masse-ressort-masse
Une cloison performante repose souvent sur le principe masse-ressort-masse. Les plaques de plâtre forment les deux masses, et l’isolant placé entre elles joue le rôle de ressort qui amortit les vibrations. Quand une voix frappe la première plaque, l’énergie sonore est freinée, partiellement absorbée dans l’isolant, puis transmise plus faiblement à l’autre face.
C’est pour cette raison qu’un simple mur plein n’est pas toujours la meilleure réponse à l’intérieur d’un logement. Une cloison distributive bien pensée, avec plaques, rails métalliques et isolant minéral ou acoustique, peut offrir une bonne performance pour une épaisseur raisonnable. Le point clé reste la cohérence de l’ensemble.
Les fuites acoustiques à ne pas négliger
Le bruit passe souvent par les mêmes chemins que l’air. Une prise électrique dos à dos, un jour sous la porte, une gaine mal rebouchée ou un raccord imparfait en pied de cloison peuvent dégrader le résultat. Avant d’augmenter l’épaisseur, il faut donc vérifier la continuité de la paroi et soigner les finitions : joints périphériques, passages de câbles, bandes et jonctions avec le plafond.
Les liaisons avec le sol, les murs latéraux, le plafond, les boîtiers électriques et les portes demandent la même attention. Si ces zones laissent passer l’air, elles laissent aussi passer une partie du bruit. En pratique, traiter ces points faibles peut apporter un gain très perceptible sans ajouter plusieurs centimètres partout.
Matériaux et systèmes adaptés à une cloison de chambre
Le choix du matériau compte autant que l’épaisseur finale. Pour deux chambres, il faut éviter de raisonner uniquement en coût au mètre carré. Une cloison trop légère peut sembler intéressante à la pose, mais elle déçoit vite au quotidien.
La cloison en plaques de plâtre avec isolant
La solution la plus répandue reste la cloison sur ossature métallique avec plaques de plâtre. En version standard de 72 mm, elle offre un affaiblissement acoustique d’environ 42-44 dB. Pour une chambre d’amis ou deux pièces peu utilisées en même temps, cela peut convenir.
En renforçant le système, par exemple avec une épaisseur de 98 mm, des plaques plus performantes ou un doublage de plaques, on atteint plutôt 50-52 dB. C’est le niveau à privilégier si l’objectif est de limiter les conversations audibles d’une chambre à l’autre, sans basculer dans une solution trop lourde.
La double cloison pour les exigences fortes
Pour atteindre 61-64 dB, on se dirige vers des cloisons de 120 à 160 mm. Le principe consiste à augmenter la masse, améliorer la désolidarisation et intégrer davantage d’isolant. Cette solution est pertinente lorsque deux chambres partagent une paroi sensible : chambre parentale contre chambre d’adolescent, chambre contre bureau, ou logement où l’intimité acoustique compte vraiment.
Cette option demande plus de place et une exécution plus rigoureuse. Elle peut aussi obliger à revoir l’implantation des portes, des placards ou des interrupteurs. Mieux vaut l’anticiper dès le plan d’aménagement plutôt que de découvrir après coup qu’un meuble ne passe plus ou qu’une ouverture devient trop étroite.
Brique, carreaux ou solutions maçonnées
Les cloisons maçonnées offrent de la masse, ce qui aide à bloquer certains bruits. Elles sont toutefois plus lourdes, plus contraignantes à poser et moins souples en rénovation légère. Dans beaucoup de projets intérieurs, une cloison sèche acoustique bien montée reste plus simple à intégrer, surtout si des réseaux électriques doivent passer dans la paroi.
Ce type de solution convient quand on cherche un compromis entre performance, chantier raisonnable et adaptation aux contraintes existantes. Si le projet impose une mise en œuvre rapide ou une perte de place limitée, la cloison sur ossature garde souvent l’avantage.
Rénovation : améliorer sans tout démolir
Si la cloison existe déjà, il n’est pas toujours nécessaire de la remplacer. Le bon diagnostic consiste à identifier la nature de la paroi, son épaisseur, les bruits réellement gênants et l’espace que l’on peut perdre dans une chambre ou dans les deux.
Ajouter un doublage acoustique
Lorsque la place le permet, un doublage acoustique sur ossature avec isolant et plaque de plâtre adaptée peut améliorer nettement la situation. Il ajoute quelques centimètres, mais crée une nouvelle couche qui amortit les vibrations. Pour être efficace, ce doublage doit être posé avec soin, sans contact rigide inutile avec la cloison d’origine.
Dans une petite chambre, il faut arbitrer avec précision. Perdre 5 à 8 cm sur un mur peut être acceptable si le gain en confort est net, mais cela devient pénalisant derrière une tête de lit, une porte de placard ou un bureau intégré. L’impact sur les circulations et le mobilier mérite donc d’être vérifié avant de fixer l’épaisseur finale.
Utiliser des plaques acoustiques collées
En cas de manque de place ou si la pose de rails est impossible, les plaques de plâtre acoustique collées peuvent constituer une alternative. Le gain reste généralement moins important qu’avec un vrai système masse-ressort-masse, mais cette solution peut réduire la transmission des voix et améliorer le confort sans chantier lourd.
Elle convient surtout aux cloisons déjà correctes que l’on souhaite renforcer. Si la paroi est très mince, creuse ou percée de nombreuses prises, il faut d’abord traiter les défauts d’étanchéité acoustique, sinon le résultat restera limité.
Normes, confort réel et choix final
Dans un logement neuf ou une rénovation importante, les performances acoustiques peuvent être encadrées par des exigences réglementaires ou contractuelles. La NF EN ISO 140-4 sert à mesurer l’isolement acoustique sur site, tandis que la RT 2020 s’inscrit dans une approche globale de performance du bâtiment. Pour un particulier, l’enjeu reste surtout de choisir une solution cohérente avec l’usage réel des pièces.
En pratique, retenez trois repères simples. 72 mm correspond à une séparation standard, 98 mm représente souvent le meilleur compromis acoustique et spatial, et 120 à 160 mm s’adresse aux besoins élevés. Le choix final doit aussi tenir compte des portes, des prises, des gaines, des jonctions et du niveau de silence attendu la nuit.
Une bonne cloison ne rend pas une chambre totalement silencieuse, mais elle transforme la perception du bruit. Les conversations deviennent moins intelligibles, les réveils nocturnes diminuent et chacun retrouve une sensation d’espace privé. C’est aussi un choix qui valorise le confort du logement au quotidien.
- 72, 98 ou 120 mm : quelle épaisseur de cloison choisir entre deux chambres ? - 13 juillet 2026
- Installer un four encastrable dans une colonne de 60 cm : vérifications, fixation et aération - 13 juillet 2026
- Toiture en shingle : 20 à 50 ans de durée de vie, selon la pose et l’entretien - 13 juillet 2026




